Alors que les échos de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, saluée pour son ambiance électrique et son organisation, sont encore dans toutes les mémoires, l’édition 2025 au Maroc déçoit profondément. Le constat est sévère, mais il frappe tous les observateurs : cette CAN est, à bien des égards, affreuse.
Le problème ne vient pas des stades modernes ou de l’accueil marocain, mais d’un fléau persistant qui gangrène le football africain et atteint ici son paroxysme : l’utilisation systématique et en pleine lumière des lasers.
Un Scandal en Pleine Lumière (Verte)
Le spectacle est consternant. Dès qu’un adversaire se présente dans la surface, lors d’un penalty, ou simplement quand l’arbitre doit prendre une décision cruciale, des dizaines de faisceaux lasers verts viennent frapper les visages des joueurs et de l’arbitre central. Cette pratique, d’une dangerosité avérée pour la vue, va bien au-delà de la simple tentative de déstabilisation. Elle relève du sabotage pur et simple en direct, transformant les matches en une mascarade où le talent sportif est soumis à une agression physique inadmissible.
Le pire ? La passivité apparente. Malgré les images choquantes diffusées dans le monde entier, la Confédération Africaine de Football (CAF) semble impuissante, ou du moins terriblement lente à réagir. Les sanctions restent dérisoires face à l’ampleur du phénomène, envoyant un message désastreux : la tricherie paye.
Une Ambiance Mort-née
Comparaison cruelle mais inévitable : l’ambiance. La Côte d’Ivoire avait offert une fête du football, avec ses vuvuzelas, ses chants incessants et une ferveur populaire communicative. Au Maroc, les stades semblent souvent aseptisés. Pas de vuvuzela, peu de ces rythmes endiablés qui font la signature des tribunes africaines. Le seul « folklore » visible est celui, sinistre, des points lumineux verts.
L’ironie est amère : ce que les supporters marocains connaissent le mieux, ce ne sont pas les chants de leur équipe (pourtant favorite), mais bien l’art du laser. Une réputation désastreuse qui éclipse les exploits sportifs.
L’Image du Football Africain en Chute Libre
Au-delà du tournoi, c’est l’image de tout un continent qui est bafouée. Le football africain, porteur d’un talent brut, de passion et de rêves, se donne à voir au monde sous son pire jour : celui de l’improvisation, du non-respect des règles les plus élémentaires et de la mise en danger délibérée des acteurs du jeu.
Comment convaincre les grands talents de revenir jouer en sélection dans de telles conditions ? Comment attirer les sponsors et les diffuseurs internationaux quand le spectacle est entaché de triche aussi grossière ?
La CAN 2025 au Maroc devait être une célébration. Elle risque de rester dans les annales comme le « Tournoi des Lasers », un symbole de l’auto-sabotage d’un football africain qui, au moment de briller sur sa terre, préfère s’aveugler lui-même.
La CAF a une responsabilité historique : soit elle prend des mesures radicales et exemplaires maintenant – matches arrêtés, forfaits, lourdes amendes –, soit elle acte que le chaos est la nouvelle norme. Le ballon rond africain mérite bien mieux que cette lumière verte de la honte.

900stp