sam. Fév 14th, 2026

Si le nom sonne aussi européen qu’un bar à bières de Knokke, l’état de la pelouse, elle, fait plutôt penser à un champ de la plaine de la Ruzizi. Pourtant, c’est bien sur la pelouse (si l’on peut appeler cela une pelouse) du Stade André Van Nevel que le DC Virunga a signé une deuxième victoire consécutive cette semaine.

Face à un adversaire visiblement perdu sur ce terrain lunaire, les Corbeaux du Nord-Kivu ont su s’adapter aux conditions particulièrement rustiques du stade. « Ce n’est pas du football, c’est du cross-country avec un ballon », a ironisé un supporter à la fin du match. Et pour cause : le stade, qui porte pourtant le joli nom d’un ancien bourgmestre de la commune de Goma, ressemble de plus en plus à une vaste entreprise agricole. Entre les plaques de sable volcanique, les gravats et les herbes folles, on se demande si l’on vient pour voir un match ou pour acheter des tubercules au kilo. « On dirait un champ de patates », s’est exclamé un spectateur en quittant les lieux. Un champ de patates où, étrangement, DC Virunga semble avoir trouvé la recette du succès.

AS Kabasha : L’entraînement au bord de l’eau pour mieux régner sur la terre ferme

Pendant que le DC Virunga engrange les points sur son champ de bataille, son voisin et rival, l’AS Kabasha, a choisi une préparation plus… aquatique. Pour être prête à affronter les conditions difficiles du Stade André Van Nevel, la formation de Goma a carrément délocalisé ses entraînements à Butembo. Mais pas n’importe où : visiblement, le staff technique a décidé de recréer les conditions « humides et imprévisibles » du stade André Van Nevel en s’entraînant au bord de l’eau.

D’après nos informations, les joueurs enchaînent les séances de courses dans la boue au bord du fleuve Congo, avant de faire des exercices de glissade sur les rives du lac Kivu. « Ce n’est pas assez difficile », aurait déclaré l’entraîneur, avant d’emmener son groupe faire un stage intensif au bord du Lac Tanganyika, et même une expédition du côté de la rivière Semuliki, à la frontière ougandaise. L’objectif est clair : être prêt à contrôler un ballon sur un terrain qui alterne entre le sable mouvant et les mares d’eau stagnante.

« Quand tu vois l’état du stade Van Nevel, tu te dis que le plus grand défi n’est pas l’adversaire, mais le sol », a confié un joueur de Kabasha joint par téléphone depuis une pirogue. « On s’entraîne sur tous les points d’eau du pays pour être sûrs de ne pas glisser dans les trous du terrain. »

Un stade qui offre « presque » les mêmes conditions

L’ironie de la situation ? Alors que AS Kabasha traverse la moitié de la RDC pour trouver de l’eau et de la boue, le Stade André Van Nevel lui offre gracieusement ce qu’il y a de mieux en la matière. « C’est un stade multifonction », plaisante un habitué des lieux. « Le matin, les chèvres y broutent ; l’après-midi, les enfants y jouent au ballon ; et le week-end, on essaie de faire croire que c’est une surface réglementaire. »

Reste à savoir si la préparation extrême de l’AS Kabasha portera ses fruits. Une chose est sûre : lorsque les deux équipes se retrouveront sur ce champ… euh, ce stade, le spectacle ne sera peut-être pas dans le jeu, mais dans la capacité des joueurs à rester debout.

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