La Tragédie des Résolutions Bafouées et la Faillite de la Crédibilité Onusienne : une analyse qui devrait nous inquiéter.
Le peuple congolais vit, depuis des décennies, la preuve la plus amère de l’érosion de la crédibilité de l’ONU. La République Démocratique du Congo, cette terre d’immenses richesses et de conflits interminables, est le miroir où se reflète avec une cruelle netteté l’impuissance, voire l’indifférence, de la communauté internationale organisée. Alors que les résolutions du Conseil de sécurité s’accumulent, la sécurité dans l’Est du pays demeure désastreuse, transformant les textes onusiens en une fiction tragique pour des millions de civis. Cet article se propose de décortiquer les mécanismes de cette faillite et ce qu’elle révèle de l’ordre mondial contemporain.
1. La Pluie de Résolutions : Un Vœu Pieux sans Effet Concret
Le Conseil de Sécurité a produit une multitude de résolutions concernant la RDC : prorogations du mandat de la MONUSCO, condamnations répétées du M23 et d’autres groupes armés, appels au retrait des forces étrangères, instauration de régimes de sanctions… Pourtant, la situation sur le terrain ne cesse de se dégrader.
Le constat est sans appel : l’accumulation de textes juridiques internationaux, sans changement tangible, révèle que dans le cas de la RDC, les résolutions sont devenues de simples déclarations d’intention. Elles permettent aux grandes puissances de sauver les apparences diplomatiques sans jamais s’engager dans les mesures coercitives nécessaires pour obliger les acteurs – États voisins et groupes armés – à se conformer au droit international. Cette inflation normative sans effet crée un dangereux précédent : la loi du plus fort prime sur la force de la loi.
2. Le Cœur du Problème : L’Impunité du Pillage Organisé
L’échec chronique à stabiliser la RDC est intimement lié à l’incapacité, ou au manque de volonté politique, de briser le lien mortifère entre l’exploitation illicite des minerais et le financement des conflits.
L’Hypocrisie Dévoilée : L’ONU et ses membres condamnent le terrorisme et les violations des droits humains, mais tolèrent de facto que le commerce illégal des minerais de conflit (coltan, or, cobalt, etc.) – essentiels à l’économie mondiale des technologies – continue d’enrichir les bourreaux. Les groupes armés et les réseaux économiques et étatiques qui les soutiennent jouissent d’une impunité systémique qui rend toute intervention militaire, comme celle de la MONUSCO, structurellement inefficace.
La Véritable Ingérence : L’ingérence des puissances ne réside pas seulement dans des prises de position ouvertes, mais surtout dans un silence complice ou une inaction calculée face à des acteurs régionaux qui alimentent le conflit pour leurs propres intérêts économiques et géopolitiques. C’est une ingérence par procuration et par omission.
3. MONUSCO : Un Symbole d’Échec et de Coût Exorbitant
Avec un budget colossal dépensé sur plus de deux décennies, la présence prolongée de la MONUSCO, malgré le courage et les efforts louables de nombreux Casques Bleus, est perçue par une majorité de Congolais comme un échec historique du maintien de la paix.
L’Amertume Populaire : L’ONU dépense des milliards de dollars pour « stabiliser » une région sans jamais s’attaquer efficacement à la racine du mal : l’économie de la guerre. Cette incapacité laisse la population civile congolaise subir des violences extrêmes, des massacres et des déplacements massifs. La mission finit par incarner, aux yeux du peuple qu’elle est censée protéger, le symbole de l’impuissance internationale, voire d’une complicité passive, bien plus qu’un bouclier efficace.
Ce que le congolais pense pour le Congo leurs Pays (et le Monde)
La RDC n’est pas un cas isolé. Elle est l’épicentre qui expose au grand jour la vérité crue de l’ordre mondial actuel : les intérêts économiques et géopolitiques des puissants priment systématiquement sur les principes humanitaires et les nobles idéaux de la Charte des Nations Unies.
Pour le Congo, la crédibilité de l’ONU ne se regagnera pas par une énième résolution, mais par une action internationale coercitive, transparente et déterminée qui tarisse définitivement le financement des groupes armés via le pillage des ressources et qui mette fin à l’ingérence, d’où qu’elle vienne.
« Tant que le sang congolais financera l’économie mondiale, l’ONU restera dans ce pays un spectateur coûteux de sa propre faillite morale. »
Cette sentence résume le drame. Il est temps que la communauté internationale, si elle existe vraiment, passe des mots aux actes, et que la justice internationale cesse d’être selective. L’avenir de la RDC, et la crédibilité même du multilatéralisme, en dépendent.

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