Rabat – Ils l’ont cherché, travaillé, mérité. Et à la toute dernière seconde, c’est leur capitaine, Chancel Mbemba, qui l’a offert. D’un but en or inscrit dans les arrêts de jeu, jeudi à Rabat, le défenseur a propulsé la République Démocratique du Congo en finale des barrages africains pour la Coupe du Monde 2026, infligeant au passage une « terrible désillusion » au Cameroun (1-0).
Un coup de théâtre dans le temps additionnel
Pendant plus de 90 minutes, la demi-finale entre ces deux géants d’Afrique centrale était un match serré, âpre, où les occasions étaient rares et précieuses. On se dirigeait vers une prolongation inéluctable, un piège à incertitudes. Mais le football a souvent un sens aigu du drame.
Sur un ultime assaut congolais, le ballon a atterri dans la surface de réparation camerounaise. Dans la cohue, Chancel Mbemba, le roc défensif des Léopards, est apparu pour pousser le cuir au fond des filets, libérant un délire dans le camp congolais et gelant le sang des supporters camerounais. Le stade de Rabat a alors vécu deux réalités parallèles : l’extase absolue d’un côté, l’effondrement de l’autre.
La RDC à un match du Mondial après 50 ans d’attente
Cette victoire place la RDC à un seul match de la Coupe du Monde 2026. Dimanche, les Léopards affronteront le Nigeria, également vainqueur plus tôt dans la journée, pour le dernier ticket direct attribué à la zone Afrique. L’enjeu est historique.

En s’imposant, la RDC garde intact l’espoir de mettre fin à une disette de cinq décennies. Le pays n’a en effet plus disputé une phase finale de Coupe du Monde depuis 1974, alors qu’il se présentait sous le nom de Zaïre. Le rêve de voir à nouveau la nation congolaise sur la plus grande scène footballistique mondiale est désormais palpable, porté par un collectif solide et un capitaine héroïque.
L’immense désillusion camerounaise
Face à cette euphorie congolaise, le camp camerounais, lui, doit digérer un échec d’une ampleur considérable. La défaite sonne comme un coup de massue pour les « Lions Indomptables », qui rataient ainsi l’occasion de se qualifier pour une 9e Coupe du Monde, un record qu’ils espéraient décrocher en Afrique.
L’absence au Mondial 2026, après celle de 2022, marque un tournant difficile pour le football camerounais, contraint de regarder le plus grand tournoi planétaire de l’extérieur tandis que son rival direct, la RDC, joue son avenir. C’est une « énorme désillusion » pour une nation entière qui vit le football avec une passion dévorante.
Tous les regards se tournent désormais vers le choc de dimanche à Rabat (20h). La RDC, portée par son exploit, tentera de décrocher son billet pour l’Amérique du Nord, tandis que le Nigeria, autre géant du continent, représentera le dernier obstacle sur le chemin du rêve. Un rêve rendu possible par la frappe ultime de Chancel Mbemba.
